Laurence Burg : conseillère régionale FN et opposante municipale à Woippy

Laurence Burg : conseillère régionale FN et opposante municipale à Woippy

Comment avez-vous vécu le deuxième tour des régionales ?

Laurence BURG, conseillère régionale FN : « Je suis un peu déçue parce qu’on n’a pas récupéré de région. Je suis contente et satisfaite parce qu’on a augmenté notre nombre de voix et récupéré davantage de sièges. »

Vous avez cru à la victoire ?

« Comme tout le monde, mais on a eu un sacré barrage par l’UMPS. Indirectement, c’est une belle victoire. À Woippy, entre deux tours, nous sommes passés de 1 125 (36,85 %) à 1 438 voix (33,77 %), malgré les barrages, la menace de la peur, et un tract distribué en dernière minute. »

Quel sera votre rôle au conseil régional ?

« On va voir. On saura lundi [ce matin] comment seront composées les commissions, on ne sait pas jusqu’à quel point Philippe Richert veut travailler avec nous. J’aimerais être aux finances. Pour l’instant, on est dans l’inconnu complet. On va découvrir. »

Conseillère à Woippy, conseillère régionale, vous n’êtes pas contre le cumul des mandats ?

« À Woippy, c’est un mandat d’opposition où on n’a pas grand-chose à dire. Je bosse beaucoup sur les dossiers, mais je n’ai pas les manettes. »

Vous êtes l’adversaire de François Grosdidier ?

« C’est M. le maire qui veut que je sois en conflit avec lui. Quand je lui pose des questions en conseil, il me coupe le micro ou il me dit : Faites un courrier. Dans l’équipe Grosdidier, il donne l’impression de vous donner le pouvoir, mais, au final, il veut faire ce qu’il veut. S’il m’a évincée de sa majorité en 2004, c’est que je devais déranger ! Mais être sur sa liste a été une erreur de parcours. »

Que lui reprochez-vous aujourd’hui ?

« Je suis une pure Woippycienne, une vraie ! J’y suis née il y a quarante-neuf ans. Là, je ne la reconnais plus. Ça n’est plus notre Woippy. On urbanise la ville alors que c’est déjà une commune dortoir. Le soir, Woippy est une ville morte. À Woippy-Village, il n’y a même pas de supérette. On pourrait aussi avoir une petite salle de cinéma, comme à Marly. On va construire des pavillons avec trois ares, c’est tout petit. On peut faire des terrains plus grands et moins chers. Et puis, Woippy a 35M€ de dettes pour 14 000 habitants. Moi, j’aurais construit les Zac progressivement, pas à pas, pas trop vite. »

On dit que vous êtes influencée par le sénateur Jean-Louis Masson. C’est vrai ?

« C’est Grosdidier qui le dit, c’est sa défense. Je l’inquiète, parce qu’il ne sait jamais ce que je vais faire d’avance. Je ne parle pas plus avec Masson qu’avec Griesbeck ou un autre élu. Quand j’ai besoin d’un renseignement, j’appelle. Je suis aussi proche de Gourlot ; lui, ça fait dix ans que je le connais. »

Vous préparez les législatives de 2017 et les municipales de 2020 ?

« Je ne sais pas, on verra, il y a de l’eau qui va couler sous les ponts. Moi, je suis droite. Quand je dis quelque chose, je vais au bout. Pour l’instant, je veux me donner à fond au conseil régional, tout en restant à Woippy. C’est peut-être ma faiblesse, mais je préfère m’occuper pleinement du présent. »

En 2014, vous faites une campagne pour les municipales avec une liste élargie, qui comprend des gens de tous horizons politiques. Moins d’un an plus tard, vous adhérez au Rassemblement Bleu Marine. Comment cela a-t-il été perçu par vos colistiers ?

« J’ai toujours été quelqu’un de droite. On m’avait déjà collé l’étiquette durant la campagne des municipales. Une fois que je me suis affichée, certains de mes colistiers m’ont dit : On aurait dû le faire avant. Moi, j’ai retardé mon adhésion vis-à-vis de mes enfants. Être candidate FN, ça engage la famille et je fais passer la famille avant la politique. »

Vous songiez depuis des années à le faire ?

« Dans le programme du parti, il y a deux mots que j’ai retenus : justice et liberté. Depuis des années, le parti a annoncé ce qui est en train de se réaliser, sur les migrants ou le chômage. L’élément déclencheur, c’est la création du Rassemblement Bleu Marine. »

Vous n’auriez pas adhéré au FN de Jean-Marie Le Pen ?

« Il a 87 ans, on n’a pas les mêmes idées. Marine a 47 ans, c’est ma génération. Marine, c’est une femme qui a du charisme et de la volonté.
Et c’est une femme ! On a toujours été gouvernés par les hommes, il est temps qu’on soit gouvernés par une femme !
»

Qu’apporterait une femme présidente ?

« Une femme, quand elle tient son foyer, elle le tient correctement. Elle s’occupe des enfants, du ménage, du quotidien, en rentrant du travail, alors que l’homme, à de rares exceptions, ne le fait pas.
Une femme a plus de capacités qu’un homme. On est plus résistantes, je dirai.
»

Le Républicain Lorrain

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